BIRAM DAH ABEID, OPPOSANT MAURITANIEN ÉCRIT À OUSMANE SONKO ET BASSIROU DIOMAYE FAYE : » Vous n’avez pas droit à l’erreur »
L’opposant mauritanien, Biram Dah Abeid, a adressé, mardi, une lettre ouverte, depuis Bruxelles où il vit en exil depuis son départ précipité du Sénégal sous pression de Dakar, au tandem au pouvoir Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko en conflit ouvert depuis début novembre. Le militant des droits de l’Homme a invité le binôme à vaincre la malédiction du sort qui hante les pionniers des luttes de libération de l’Afrique.
“ Vous n’avez pas droit à l’erreur”, avertit Biram Dah Abeid, dans sa lettre ouverte, destinée à ses frères sénégalais qu’il décrit comme les “champions du réveil Africain”.
L’opposant mauritanien, qui s’est présenté en un aîné, a mis en garde Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye contre l’onde de choc de la régression qui pourrait réduire à néant les efforts de libération du continent. “ Après tant de sacrifices, la négligence ne vous est permise”, a-t-il martelé alors qu’il se dit affliger par les informations et échos qui lui parvient du Sénégal faisant état d’un dissensus entre le “couple exécutif”.
“La rumeur nous afflige et nous plonge dans une anxiété qu’agitent l’appréhension de l’échec et la crainte d’un cinglant désaveu par l’histoire dont nous ne saurions nous relever, de sitôt”, a ajouté le leader de l’Initiative de Résurgence Abolitionniste(IRA) et président de la coalition mauritanienne de l’Opposition Anti-Système.
Pourtant, en Afrique, note le candidat arrivé deuxième à présidentielle mauritanienne de 2019, les populations vulnérables, les jeunes, les patriotes et surtout les cadets soucieux, au-delà de votre pays, commençaient à entrevoir la délivrance. Car, selon Biram Dah Abeid, les victoires engrangées par le camp politique de l’actuel pouvoir et réitérées dans les urnes, validaient l’aspiration des populations vulnérables à vaincre la fatalité.
“Un tel affranchissement ne peut devenir objet d’aventure. C’est un bien précieux et sa perte, ô combien onéreuse, déclencherait l’onde de choc de la régression et baliserait la pente de l’impuissance”, alerte l’opposant dans sa lettre avant d’ajouter : “L’Afrique est nostalgique des pionniers de ses luttes pour la dignité, la vérité, presque tous partis en martyrs, sans avoir assisté à votre exploit. Le recouvrement de leur rêve de leaders bâtisseurs vous échoit. Il vous appartient de confirmer la revanche sur la malédiction du sort et la nuisance des forces rétrogrades, soient-elles endogènes ou d’appoint aux appétits extérieurs. Des générations d’Africains n’ont cessé, depuis des décennies, de scruter l’horizon – obstinément vide – du lendemain qui répare et rassure. Avant vous, les multitudes vivaient l’espérance, quasi messianique d’une relève, sur la voie du redressement moral, pour qu’enfin prenne corps, la promesse de l’émancipation”.
Il invité dans la foulée le tandem Sonko-Diomaye au “sursaut de la lucidité” afin d’éviter que se rompt l’élan de la locomotive salutaire.
“Vous avez jeté les jalons du Pastef, en tête de pont de renaissance et de reconquête d’une destinée trop longtemps tenue sous l’éteignoir de la corruption, de la brutalité et des égoïsmes. En arrachant les instruments de la légitimité populaire, grâce aux atouts exclusifs de la persuasion, vous avez érigé un modèle de vertu, là où la plupart de vos prédécesseurs échouaient, sans répit. Pastef- Sénégal, porte notre foi commune en l’avenir d’une Afrique des peuples, de la démocratie et de la souveraineté restaurée. Vous n’êtes pas seuls”, a écrit Biram Dah Abeid au Président Bassirou Diomaye Faye et à son Premier ministre non sans faire remarquer que : “Patrice Lumumba, Ruben Um Nyobè, Ahmed Ben Bella, Mehdi Ben Barka, Omar Blondin Diop et bien d’autres, attendent, avec la patience du monde des esprits, que nous exhaussions leurs vœux par le parachèvement de l’entreprise de libération du Continent”.
Abou SY